1979 Championnat PSG – OM 2 – 1

3 Août 1979 Parc des Princes
PSG bat l’OM 2 à 1 (0 – 1)
Arbitre Mr Lambert 45000 Spectateurs
BUT SIX (11′) ABEL BRAGA (54′), BATHENAY (70′)
OM MIGEON, BACCONNIER, TRESOR, ZWUNKA, ZAMBELLI, BUIGUES, LINDEROTH (PIETTE 58′), FLORES, TEMIME, BERDOLL,SIX, Entraineur ZWUNKA
PSG BARATELLI, HUCK, PILORGET, ABEL BRAGA, RENAUT, LEMOULT (BIANCHI 64′), BATHENAY, ALVES, BUREAU, BOUBACAR, DAHLEB Entraineur VASOVIC
Il est peu probable qu’un seul des 45 000 spectateurs de Paris-Marseille s’en soit retourné chez lui déçu.
L’on trouvera certes des regrets du côté des (nombreux) supporters de l’O.M. présents au Parc des Princes, nés du fait que Marius et les siens n’aient pas réussi à préserver au moins le match nul, mais au-delà des passions, et en se plaçant sur le seul plan du spectacle, il faut bien convenir que Parisiens et Marseillais nous ont gratifié d’un spectacle auquel il est rarement permis d’assister à Paris.
Dans le concert de louanges qui suivit la rencontre, les plus fréquentes allaient à la défense parisienne, auteur des deux buts (si l’on veut bien considérer Bathenay comme un élément de cette défense), et étonnamment solide, au point de parvenir à contenir une attaque qui, individuellement, pourrait bien ête la plus brillante de France, avec Six, Berdoll et Temime.
Les choses menaçaient pourtant de mal tourner, pour les Parisiens : menés très rapidement à la marque Didier Six exploitant au mieux une balle en profondeur de Florès,et apparemment incapables de pousser au fond du but les nombreux ballons qu’ils firent parvenir jusqu’au coeur de la défense marseillaise, les hommes de Vasovic semblaient devoir sombrer dans le mal qui ronge par essence le football français : l’absence d’efficacité.

 

Et l’on en était, peut-être à regretter Carlos Bianchi, du côté du Virage Saint-Cloud, là où se recensent les « gros » bataillons de supporters bleu et rouge, lorsque Abel paya son entrée en transformant en force un coup franc au 25 mètres.
Ce fut l’explosion, le déclic dont avaient besoin sans doute les Parisiens pour se mettre en confiance.

Dès lors, sous la conduite de Joao Alves, tout s’enchaîna, et le moment que l’on attendait sans vraiment y croire, dans les rangs parisiens, survint à la 70e minute : un tir de Bathenay détourné au prix d’une détente en deux temps par Migeon, une récupération sur l’aile gauche et centre tendu de Dahleb, et le même Bathenay qui arrive en pleine vitesse et qui propulse le ballon de la tête dans le but marseillais.
Malgré quelques manœuvres dilatoires plutôt hasardeuses en fin de match. Paris-Saint-Germain tenait sa victoire.
Ainsi donc se trouvaient confirmées, dès la première sortie à domicile, les excellentes intentions affichées à Lyon.
Alves et Abel, les deux nouveaux venus de l’équipe, avaient fait part de leur étonnement devant la combativité de leur nouvelle équipe.
Faute de point de vue antérieur, ils jugeaient par rapport à leur ancien club, se disait-on, et il convenait de ne pas y attacher trop d’importance ; or voilà que le match du Parc des Princes leur donne raison, en même temps qu’il surprend tous les supporters habitués depuis toujours à une certaine nonchalance de la part de leurs favoris.
A Marseille, on a surtout remarqué le vif et habile Temime, sans cesse dangereux et qui aurait pu faire la différence avec un peu plus de réussite.
La formation parisienne, en outre, est apparue plus équilibrée que sa devancière, ressemblant par bien des côtés à celle qui se distingua avec ses Novi, Piasecki et Redon, voici deux ans, avec en prime le formidable atout nommé Alves

Personne n’ose encore en parler, mais tout le monde pense secrètement que Paris-Saint-Germain est armé cette saison comme jamais il ne l’avait été, malgré le départ de Bianchi, pour réussir un bon parcours en Championnat.
II est certes très tôt pour tirer des enseignements définitifs de ce qui n’a été, finalement, qu’un match réussi, mais il est permis d’espérer, au moment où les souhaits sont encore de mise, que les quatre-vingt-dix minutes du P.-S.-G. face à Marseille n’auront pas constitué un brûlot isolé, un feu de paille au cœur de l’été avant d’aborder l’automne et le dur retour à la réalité des saisons précédentes…